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                    A question of Balance
                    22 €

                    As scientific and observational evidence on global warming piles up every day, questions of economic policy in this central environmental topic have taken center stage. But as author and prominent Yale economist William Nordhaus observes, the issues involved in understanding global warming and slowing its harmful effects are complex and cross disciplinary boundaries. For example, ecologists see global warming as a threat to ecosystems, utilities as a debit to their balance sheets, and farmers as a hazard to their livelihoods.

                    In this important work, William Nordhaus integrates the entire spectrum of economic and scientific research to weigh the costs of reducing emissions against the benefits of reducing the long-run damages from global warming. The book offers one of the most extensive analyses of the economic and environmental dynamics of greenhouse-gas emissions and climate change and provides the tools to evaluate alternative approaches to slowing global warming. The author emphasizes the need to establish effective mechanisms, such as carbon taxes, to harness markets and harmonize the efforts of different countries. This book not only will shape discussion of one the world's most pressing problems but will provide the rationales and methods for achieving widespread agreement on our next best move in alleviating global warming.

                    2021 IUCN SPECIAL SELECTION (MARSEILLE)

                    Alger, politiques urbaines 1846-1958
                    45 €

                    Cet ouvrage présente une analyse des projets et des programmes formulés par des urbanistes français pour l'aménagement de la capitale algérienne de 1848 à 1958, en examinant les innovations d'un urbanisme "hors de France" et leur influence sur les développements de la discipline en France. Les urbanistes furent confrontés à des lieux et des environnements autres, autrement dit à des paysages autres qui ont suscité une réflexion sur les traces du passé et leur déstabilisation.
                    L'attention portée au patrimoine bâti a conduit à des mesures de protection et à intégrer une réglementation concernant l'esthétique et le paysage urbain dans un projet de transformation de ce même paysage. En s'attachant aux plans qui ont projeté la "capitale d'Afrique du Nord" dans un lieu qui était à la fois celui d'un chef-lieu de département et d'une ville coloniale, cet ouvrage vise à souligner l'intérêt que présentent les plans d'aménagement comme matériaux historiques.
                    Ce sont des sources documentaires riches en information, à la fois sur les représentations de la ville moderne et sur les instruments d'action forgés par les professionnels. Outre une étude monographique de la ville d'Alger, de 1848 à 1958, cet ouvrage nous introduit tant à l'histoire locale de la ville à travers les différents projets, les politiques urbaines, la réglementation, la conservation des tissus anciens et leur intégration dans l'aménagement de la ville moderne qu'à la trajectoire intellectuelle des nombreux aménageurs, conservateurs et architectes.
                    Alger, ville coloniale, a été un territoire d'innovations pour la modernisation urbaine. Les perspectives qui construisent l'étude de l'histoire de l'urbanisme et, plus largement, les théories de l'aménagement et des processus de patrimonialisation en France, se limitent le plus souvent au cadre des frontières de l'hexagone. Cet ouvrage tend d'une part à montrer qu'il convient de les élargir, pour ce qui concerne le début du xxe siècle, à l'espace outre-mer qui a largement contribué au développement de l'urbanisme en France et d'autre part de repenser en même temps le passé colonial de la France et de l'Algérie.

                    Barcelone / Portrait de Ville
                    20 €

                    Ce portrait de la capitale catalane, sous forme d'une généalogie de son espace urbain, met en exergue ses singularités, liées à son histoire, à la géographie spécifique de son site et à l'apport de créateurs d'exception.

                    Ville-port de fondation romaine sur la Méditerranée, Barcelone s'est rapidement développée grâce à son intense activité marchande et à son rôle politique. Elle est pourtant restée confinée dans ses remparts médiévaux jusqu'en 1854, date à laquelle l'État central - l'unification du royaume d'Aragon- Catalogne avec celui de Castille datant de la fin du XVe siècle - autorise leur démolition. Elle s'est ensuite déployée -sur la base du plan d'extension quadrillé de Cerdà (1859) - jusqu'à occuper toute la plaine côtière limitée par les fleuves du Llobregat et du Besòs et par la chaîne de Collserola. Au cours du XXe siècle, l'aire métropolitaine s'est développée bien au-delà, tandis que la ville-centre procédait à la reconquête de son littoral et de ses friches industrielles tout en réalisant d'importants projets de renouvellement urbain dans ses quartiers périphériques (Forum 2004, Sagrera-San Andreu, place de l'Europe, entre autres). Un guide de promenades architecturales complète l'ouvrage.


                    Sommaire

                    Introduction
                    De la Barcino romaine à l'essor médiéval, le rayonnement méditerranéen de la ville-port
                    De 1500 à 1850, entre déclin et reprise, les évolutions de la ville fortifiée
                    Du plan de Cerdà (1859) à la guerre civile (1936) : les prémices de la métropole moderne
                    Les difficultés de l'après-guerre et le développement des années 1960-1975
                    Le nouvel urbanisme des années 1980 et les mutations liées aux Jeux olympiques de 1992
                    Transformations urbaines et questionnements récents (2000-2011)
                    Promenades à Barcelone (6 grands secteurs, 204 adresses)
                    Bibliographie sélective

                    Beyrouth
                    20 €

                    On imagine volontiers que les grands chantiers de reconstruction en cours à Beyrouth sont le fruit de la guerre qui, durant quinze ans (1975-1990), l'a coupée en deux ; non par un mur comme à Berlin, mais par une ligne de démarcation tout aussi sanglante et dont les traces subsistent encore, tant matériellement que culturellement. Pourtant, si les destructions et les dégradations dues à la guerre sont réelles (10% de la ville détruits, 23% dans le secteur de la ligne de démarcation), la démolition du centre avait commencé bien avant et est un thème récurrent dans l'histoire de Beyrouth ; comme l'est aussi ­ avec une intensité particulière, même si aucune ville n'y échappe ­le bras de fer permanent entre réglementations urbaines et spéculation foncière, contre lequel achoppent les entreprises de planification successives »

                    ...Sans doute la topographie n'est-elle pas étrangère à la tentation des décideurs d'éradiquer des quartiers existants, y compris relativement récents, la situation de la ville entre mer et montagne limitant les possibilités d¹extension.

                    Chandigarh / Portrait de Ville
                    20 €

                    Le nom de Chandigarh évoque une ville neuve en Inde signée Le Corbusier. Or, l'invention de la nouvelle capitale du Punjab - devenue aussi celle de l'Haryana en 1966 -, installée au pied des contreforts de l'Himalaya, est loin d'être le fait d'un homme solitaire.
                    Son histoire, écrite à plusieurs mains sous la baguette de ce chef d'orchestre exigeant, est passionnante, depuis les quelques villages préexistants absorbés dans la grille urbaine jusqu'à l'accélération du développement actuel. Conçue au départ pour 150000, puis 500000 habitants, elle en compte aujourd'hui plus d'un million et demi, et en atteindra deux avant 2050.

                    Le premier point à souligner est que Chandigarh est une des quelque cent villes nouvelles créées dans les années qui ont suivi l'indépendance de l'Inde (1947), d'abord du fait de la partition territoriale entre l'Union indienne et le Pakistan et des déplacements massifs de population qui s'ensuivirent.
                    Ensuite, parce qu'il a fallu restructurer le pays qui est passé de 554 États princiers à une fédération de 27 États, là encore avec des mouvements de population. Ville nouvelle parmi d'autres, Chandigarh a pourtant une charge symbolique particulière : le pandit Nehru a souhaité qu'elle représente la modernité du nouvel État indépendant.

                    Le deuxième point est que Le Corbusier n'a été ni le premier ni le seul concepteur sur le terrain. C'est d'abord l'architecte américain Albert Mayer qui est appelé en 1949 par Nehru et qui dresse le premier plan de la ville avec son confrère Matthew Nowicki. Mais la disparition de ce dernier en août 1950 dans un crash aérien conduit l'Américain à abandonner.
                    Le Corbusier, sollicité par les Indiens en 1950, va reprendre à sa manière géométrique les grands principes (orientation, secteurs) du schéma d'urbanisme plus en rondeurs élaboré par Mayer, inspiré des cités-jardins anglaises. Travaillant depuis son agence parisienne et séjournant deux mois par an en Inde de 1951 à 1965, il définit le plan général et garde la maîtrise totale de la réalisation du secteur administratif du Capitole ainsi que de quelques équipements. Mais pour le reste il doit composer avec un duo d'architectes, Jane Drew et Maxwell Fry, missionnés en même temps que lui pour leurs compétences en matière d'architecture climatique et qui vont rester sur place de 1951 à 1954.
                    Et s'il s'appuie sur son cousin et collaborateur, Pierre Jeanneret, qui va vivre à Chandigarh de 1951 à 1965, nul doute que ce dernier, personnalité discrète et fidèle mais en même temps subtile et créative, a imprimé fortement sa marque, comme aussi les ingénieurs Thapar et Varma et l'équipe des jeunes architectes indiens qui ont travaillé aux côtés des trois senior architects présents sur le site.

                    Le troisième point, qui découle directement du deuxième, à savoir de la qualité des protagonistes, est que Chandigarh a été un laboratoire d'architecture tout à fait étonnant pour l'époque, sur des questions qui restent d'actualité : la densité, le rapport ville/nature, le rapport espace privé/espace public, le système de circulation (hiérarchie des voies et séparation des flux), la (relative) séparation des fonctions, enfin la morphologie urbaine et les typologies du logement. Dans cette ville sur plan quadrillé noyée dans la végétation, aux espaces publics souvent dilatés, on trouve en effet de multiples déclinaisons de l'habitat en bande, maisons ou petits collectifs, inspirées de la tradition nord-européenne tout en tenant compte des contraintes climatiques et des modes de vie locaux.
                    Ceci se traduit par l'importance accordée aux prolongements extérieurs du logement (loggias, terrasses, porches, cours, jardins), quelle que soit la surface de celui-ci, des très modestes maisons des péons aux villas des ministres, en passant par les maisons de ville qui inspireront l'''habitat intermédiaire'' des années 1970.
                    Outre le béton armé, matériau emblématique de la modernité corbuséenne, la brique traditionnelle est fortement présente dans les constructions initiales, ancrant cette modernité dans la dimension locale (approvisionnement, savoir-faire).
                    Les responsables indiens ont été longtemps respectueux du cahier des charges corbuséen garant de l'intégrité du projet dont rend magnifiquement compte le livre de Kiran Doshi (cf. p. 5, note 3) consacré aux réalisations de Jeanneret, Fry et Drew, livre qui pose aussi la question de la sauvegarde du patrimoine moderne de Chandigarh. Aujourd'hui, les édiles sont tentés de céder aux pressions pour se libérer d'un carcan conçu il y a un demi-siècle et sans doute obsolète, quitte à sombrer parfois dans la banalisation (comme dans le quartier des activités technologiques), voire dans le kitsch des néostyles de certaines maisons individuelles. Si la nécessité de densifier la ville paraît s'imposer, reste à savoir comment, ce qui implique un travail d'évaluation à poursuivre.

                    Istanbul 05 010
                    16 €

                    Gabriele Basilico's Istanbul includes unpublished photographs shot in 2005 and to which he turned again in 2010.
                    The precision of the camera lens shows images of a city - one of the most populated metropolitan areas in the world - expanding and thinning away to incorporate the surrounding hillsides.
                    An ever-present mist, the steep outline of the horizon and the light that evaporates from the illuminated roads create a backdrop for the city's architectural landscape: the anonymous verticality of new tower blocks and the overcrowded horizontal lines of never ending suburbs.

                    Characteristically of Gabriele Basilico's photographs, the outward portrayal of the city reveals its inner nature: without explicit references to any human presence - or perhaps precisely because none is portrayed - these photos evoke the community that created, inhabited and gave meaning to these places.
                    Showing only the urban product without its makers or inhabitants Basilico's photos represent an independent way of discovering the city, part architectural document and part individual memory.


                    This book is published on the occasion of the exhibition GABRIELE BASILICO. Istanbul 05 010 (from 16th September to 12th December 2010 at the Fondazione Stelline, Milan) and includes a text by Luca Doninelli.

                    Gabriele Basilico (Milan, 1944) began photographing in the early 1970s. His first photography job in Milan was Milano ritratti di fabbriche 1978-80, a very large task to look at the industrial suburbs of Milan.
                    To this day, Gabriele Basilico has produced and taken part in many projects in Italy and overseas such as Bord de mer (1984-85), Beirut (1991), Sezioni del paesaggio Italiano (1998), Interrupted City (1999), Silicon Valley (2007), Mosca Verticale (2007-08). He has always brought together his untiring photographical inquiries into morphology and the transformation of cities and modern landscapes with lectures, courses, and talks.

                    Lille
                    20 €

                    Petite en nombre d'habitants - un peu plus d'un million - si l'on considère les géantes que sont Tokyo, Mexico, ou même Paris, Lille-métropole occupe pourtant une place de choix sur l'échiquier des grandes villes européennes.
                    Proche du tunnel sous la Manche, donc de l'Angleterre, la nébuleuse constituée de Lille-Roubaix-Tourcoing-Villeneuve d'Ascq et des 82 autres communes de la Communauté urbaine, se prolonge sans discontinuité par Courtrai, Commines, Mouscron, Tournai qui constituent le versant belge d'une métropole transfontalière de près d'1,7 million d'habitants.
                    Aujourd'hui la construction européenne favorise projets communs et liens institutionnels entre villes de part et d'autre d'une frontière de plus en plus symbolique. Dès lors, plutôt que de rivaliser avec Bruxelles où siègent une partie des institutions européennes, pourquoi ne pas jouer la jonction en constituant un vaste couloir urbanisé entre Lille et la Capitale belge ?
                    Car si la Métropole lilloise s'est d'abord développée dans le cadre d'échanges franco-français, comme métropole d'équilibre face à Paris, elle a désormais d'autres ambitions dont témoignent les stratégies d'aménagement du territoire et les ''grands projets'' développés ces dernières années. Au-delà de quelques signes monumentaux, c'est toute une région qui travaille au quotidien pour que son rêve européen devienne réalité et efface enfin les stigmates de la chute de son empire industriel.
                    Comment sont nées et ont grandi ces villes, grandes et petites, qui constituent Lille-métropole ?
                    Qu'y voit-on aujourd'hui ? Quel visage se dessinent-elles pour demain ?
                    Telles sont les grandes questions abordées dans ce ''Portrait de ville'' par l'auteur, Alain Demangeon, architecte-géographe, enseignant à l'Ecole d'architecture Paris-Tolbiac, après l'avoir été à l'Ecole d'architecture de Lille-Région Nord de 1983 à 93. Et les amateurs de promenades architecturales trouveront, comme d'habitude, les bonnes adresses du guide, classées géographiquement toutes époques confondues [...].
                    Gwénaël Querrien

                    Limenes Villes-frontières, seuils méditerranéens (édition multilingue)
                    16 €

                    Réalisé par une sociologue spécialiste des phénomènes de migration et par un vidéaste, ce travail a pour objet d'analyser le concept de '' villes-frontières '' méditerranéennes, lieux où le Nord se heurte directement au Sud. Tanger, au Maroc, Dürrés en Albanie, quels points communs entre ces deux ports ? Du détroit de Gibraltar au canal d'Otrante en mer Adriatique, tous deux sont le cadre de mouvements de population importants en Méditerranée. Ils ont été et sont encore le théâtre de migrations tragiques.

                    Ces deux villes concrétisent clairement les contradictions des villes-frontières, ouvertes-fermées : mobilité du capital avec l'investissement étranger contre gestion des frontières de l' '' Europe Forteresse '' et lutte contre l'immigration clandestine. A Tanger comme à Dürrés, la ville est profondément travaillée par la mondialisation et la redéfinition des espaces-frontières ; chacune vit tournée vers l'Europe, ce qui modifie le mode de vie de ses habitants qui parlent, s'habillent '' à l'espagnole '', '' à l'italienne '', et rêvent de passer de l'autre côté ; cette fièvre d'évasion, appelée aussi '' le virus de l'Europe '' par les jeunes Tangérois. En dépit de leur éloignement et de leur appartenance géographique à l'Europe ou à l'Afrique, ces lieux ont malgré tout des points communs, précisément parce qu'ils donnent accès à l'Europe forteresse.

                    Londres
                    15 €

                    Dans la perspective européenne, Londres cherche à conforter sa place de capitale financière européenne, à maintenir son avantage sur ce terrain par rapport à Paris et Berlin.
                    Cette ''ville-région'' est impossible à définir simplement, parce qu'elle a différents niveaux d'extension, parce qu'elle est traditionnellement polycentrique tant géographiquement qu'en termes d'instances de pouvoirs (politique, économique, financier...), et parce qu'aucun statut juridique n'a pu durablement l'encadrer.
                    L'insatiable appetit de Londres pour le pouvoir, la croissance et le changement* remonte pratiquement à sa fondation. Insaisissable dans l'instant, elle a néanmoins une constance dans son dynamisme, sorte de fil conducteur. C'est ce que relatent les auteurs qui ont conçu cette monographie en trois temps :
                    - Une approche synthétique où l'histoire éclaire le présent (par Andrew Saint)
                    - Deux études de cas contrastés, sortes de zooms sur deux secteurs particulièrement représentatifs de la diversité londonienne :
                                    > Le ''London Borough of Lambeth'' où l'urbanisme et architecture ont été longtemps l'expression d'une forte volonté municipale (par Charlotte Ellis).
                                    > Les ''London Docklands'', fleuron du secteur privé, en plein essor ces dernières années et qui connaît aujourd'hui une période plus incertaine (par Martin K. Meade).

                    Los Angeles / Portrait de Ville
                    20 €

                    Ce sont sans doute ses contradictions qui rendent fascinante Los Angeles, l'anti-ville qui est pourtant la deuxième ville des États-Unis.
                    Il n'est que de voir la pléiade d'auteurs qui en ont fait la toile de fond de leur roman ou de leur film. Ses défauts majeurs - le paroxysme de l'étalement urbain, une ville-banlieue impraticable sans voiture - portent paradoxalement une part statistique de rêve : celui de la maison individuelle ; celui aussi des strass et paillettes de l'univers hollywoodien...
                    Quand on évoque le paysage de Los Angeles, une plaine côtière entre mer et montagnes (jusqu'à plus de 3000 m), gigantesque oasis suburbaine dans le désert californien, surgissent de multiples clichés : le soleil sur l'océan Pacifique et les grandes plages de sable fin où s'ébrouent les pulpeuses coast-guards en maillot rouge des séries américaines ; les autoroutes urbaines avec leurs échangeurs qui sillonnent les quelque 100 km d'étendue de l'agglomération ; les nappes de lotissements pavillonnaires noyés dans une végétation plus ou moins dense s'étendant à l'infini au fil de tracés viaires en damiers ; l'émergence des tours de Downtown qui, à l'échelle métropolitaine, a plutôt valeur de monument que de centre-ville, ou celle de plusieurs vagues de collines entre montagne et mer.
                    Autre paradoxe, si l'on s'intéresse plus spécialement à l'architecture : Los Angeles est à la fois un océan de banalité - celle de l'habitation ordinaire, des centres commerciaux standards et des stations-service - et un musée d'architecture de plein air où plusieurs générations de grands architectes modernes et contemporains ont laissé leur signature, notamment pour des maisons particulières, comme Frank Lloyd Wright, Rudolf Schindler et Richard Neutra, puis Charles Eames, Pierre Koenig, John Lautner, Craig Ellwood et Cesar Pelli, ou plus récemment Charles Moore, Frank Gehry, ou Morphosis...
                    Enfin, l'apparente tranquillité des lieux est violemment contredite à divers égards. Chacun sait que la faille de San Andrea est là et qu'un jour ou l'autre surviendra un cataclysme majeur. De plus, contrairement aux idées reçues qui veulent que les conflits sociaux s'expriment sur les lieux de travail ou dans les ghettos urbains denses, Los Angeles a connu il n'y a pas si longtemps des émeutes dans des quartiers noirs pavillonnaires qui ont révélé qu'elle était sous haute tension sociale autant que géologique.
                    Fondée à l'heure de la colonisation espagnole (1781), elle n'est alors qu'un village agricole à main d'oeuvre indienne. Après l'annexion de la Californie par les États-Unis (1848), la ville se développe sous la houlette des Anglo-américains protestants, même si d'autres communautés s'y installent : Mexicains, Chinois, Noirs, puis Japonais. La ségrégation ethnico-sociale, aussi spontanée qu'affirmée, est aussi spatiale. Bien que la communauté hispanique soit depuis longtemps la plus importante (plus de 45%, principalement dans East Los Angeles), aucun maire chicano n'avait été élu depuis 1872, lorsque La n'avait encore que 6000 habitants, contre 3,8 millions aujourd'hui et plus de 15 millions pour l'aire métropolitaine. La toute récente élection (mai 2005) du nouveau maire de la ville, Antonio Villaraigosa, est donc un événement. Ancien député du parlement californien, il est le fils d'immigrés mexicains pauvres, et il a bénéficié cette fois de l'appui de la communauté noire. Parmi les dossiers les plus chauds qu'il aura à traiter figurent les tensions raciales, la pénurie de logements, la pollution et la congestion du trafic.
                    Gwenaël Querrien

                    Rabat
                    8 €

                    Bulletin d'informations architecturales de l'IFA

                    Shanghai
                    20 €

                    Éditorial
                    Pour qui a visité Shanghai vers la fin des années 80 et y retourne aujourd'hui, l'évolution est spectaculaire. Au cours de cette dernière décennie, on est passé d'une ville horizontale d'où n'émergeaient que quelques rares immeubles hauts, principalement sur le Bund ou la rue de Nankin, à un skyline hérissé de tours surgissant par paquets, toujours plus nombreuses et toujours plus élevées, en particulier dans le secteur de Pudong, en vis-à-vis du Bund sur la rive est du Huangpu.
                    Mais ce qui est sans doute le plus surprenant pour ceux qui se rendent souvent à Shanghai, c'est le rythme des démolitions et reconstructions : en quelques mois un quartier peut changer complètement, non seulement par le remplacement des bâtiments mais par le surgissement d'une de ces autoroutes urbaines qui tranchent sans guère de précautions dans la ville. Celles-ci, à plusieurs niveaux et flanquées d'échangeurs impressionnants, viennent coiffer des artères existantes au détriment des riverains qui se trouvent tout à coup habiter en bordure d'autoroute, tandis que la vie au sol est plongée dans l'ombre.
                    Alors que Paris a résisté après des débats publics plutôt vifs à la tentation de ces monuments à la gloire de l'automobile et que Los Angeles les a multipliés pour relier des secteurs relativement dispersés, Shanghai n'a pas hésité à les avaler jusqu'en son coeur. Si cela confère à Shanghai by night des allures de fête foraine où l'on visiterait la ville à bord de wagonnets dévalant des toboggans au milieu de mille et un lampions, nul doute que la qualité de vie des habitants ait été quelque peu oubliée lorsque ont été décidés de tels aménagements. De jour, le survol de la ville via ses autoroutes urbaines est paradoxalement le moyen le plus rapide d'en percevoir les contrastes et même une certaine intimité puisque le regard peut plonger jusqu'au plus profond des îlots ; on découvre ainsi différents types de tissus dont les lilong, lotissements d'habitat populaire, avec leurs étroites ruelles qui desservent les habitations serrées les unes contre les autres. Mais, dans le même temps, on se demande à juste titre si lors d'un prochain passage en rase-mottes, le tissu urbain sera encore celui-là ou s'il aura disparu.
                    Ville en chantier permanent, Shanghai a une véritable boulimie de modernité ; et tandis que les capitales occidentales, saturées de pollution, rêvent sans trop y croire à la petite reine et réhabilitent à grande échelle leurs quartiers anciens, la Chine aspire à la voiture comme symbole de prospérité et Shanghai veut battre le record du monde de hauteur des gratte-ciel à Pudong.

                    Gwenaël Querrien

                    Tokyo / Portrait de Ville
                    20 €

                    Fondé en 1590, Edo est renommé Tokyo en 1868 avec l'avènement de l'ère Meiji. Aujourd'hui la ville de Tokyo (13 millions d'habitants) est au coeur d'une agglomération tentaculaire, la plus peuplée du monde (37 millions d'habitants). Ayant subi de nombreuses catastrophes - incendies, tremblements de terre dont celui de 1923, bombardements en 1945 -, la ville a été reconstruite à plusieurs reprises sans véritable politique de planification unifiée, d'où l'émergence d'un paysage urbain contrasté - entre chaos et quartiers hypermodernes, entre ciel (la tour Tokyo Sky Tree de 634 m, 2012) et mer (terre-pleins dans la baie de Tokyo) -, fait de démesure (projets pour les Jeux olympiques en 2020) aussi bien que de micro-espaces interstitiels (pet architecture). Avec guide de promenades et carte.

                    Sommaire

                    Introduction
                    Typographie et stratification sociale, la ville féodale (1603-1868)
                    Tokyo, la capitale de l'Est (1868-1945)
                    Reconstruction, modernisation, spéculation et repentirs (1945-2011)
                    Après 2011 : l'écologie ou le rayonnement ?
                    Promenades dans Tokyo

                    Préface de Gwenaël Querrien