La librairie-maison d'édition Imbernon sera la première à donner le là de la renaissance commerciale en s'installant dès 2001 dans le fameux Jardin d'hiver de l'Unité d'habitation à Marseille. La librairie spécialisée en architecture, urbanisme, arts et design met bien sûr à l'honneur les quelques quarante ouvrages écrits par Le Corbusier qui, sur sa carte d'identité avait noté comme profession "homme de lettres"...

 

 

LE JARDIN D'HIVER EN 2000

L'infrastructure d'équipements qui s'ajoute aux 320 "cellules" de l'Unité d'habitation de Marseille est un élément très fort d'originalité qui pour son caractère unique a contribué fortement au classement de l'édifice sur la Liste de Le Corbusier du Patrimoine mondial de l'UNESCO en 2016.

Les "prolongements du logis" voulus par Le Corbusier pour réaliser sa "Cité verticale" s'inscrivent dans une longue tradition de réflexions et propositions sur l'habitat de type communautaire "autonome" : familistère de Jean-Baptiste André Godin (utopie fouriériste), Narkomfin de Moïse Guinzburg à Moscou (utopie des "condensateurs sociaux" constructivistes)... et s'inspirent également de la relecture des monastères (la Chartreuse de Galluzo à Florence) et des paquebots transatlantiques par l'architecte, comme dispositifs assurant un équilibre entre le collectif et l'individuel.

Dans ces "prolongements du logis" ou "services communs" il convient de distinguer les équipements collectifs d'une part, dont la copropriété à la charge, et l'infrastructure commerciale d'autre part localisée pour l'essentiel aux 3 et 4èmes rues et aussi dans le gymnase (désormais Centre d'art MaMo) sur le toit-terrasse de l'édifice.

 

 

Le Corbusier avait imaginé que cette infrastructure commerciale elle-même pouvait être de nature collective et partagée : gérée avec les nombreux services de type hôtelier de l'immeuble par une "société d'exploitation" composée exclusivement des habitants. Les 3 et 4èmes rues devaient selon ses plans s'organiser d'après le modèle des supermarchés et grands magasins américains : espaces ouverts, fluides et peu cloisonnés, banques et étals de marchandises... Il évoquait "l'étage du marché".

L'histoire en décidera autrement car le ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme qui avait construit l'Unité d'habitation en maîtrise d'ouvrage directe avec un statut spécial et expérimental (dit ISAI) aura tôt fait de le céder en vendant appartements et espaces dévolus aux commerces (ces derniers aux enchères, par petits lots reconstituant une logique de rue).

Durant une décennie, du milieu des années 1960 au milieu des années 1970 l'activité commerciale des 3 et 4èmes rues sera intense et diversifiée, associant commerces quotidiens et plus exceptionnels. La logique française de l'urbanisme commercial avec ses "grandes surfaces" conduira à l'instar des processus affectant les centres villes à la fermeture progressive des commerces et aux transformations en bureaux des locaux.

LE JARDIN D'HIVER EN 2017

 

L'aube des années 2000 connaitra l'installation d'une nouvelle activité commerciale, différente et plus tournée vers les dimensions culturelles (livres, design, architecture...). D'ailleurs une association est née qui réunit ces nouveaux commerçants : ACPUH

LIBRAIRIE ET JARDIN D'HIVER ENTRE 1960 ET 2017