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de(s)générations esthétique et philosophie 17

de(s)générations esthétique et philosophie 17

Par quel truchement nos villes basculent-elles inexorablement dans le façadisme bidimensionnel ?
De quelle manière ce décor in situ, et les marges excluantes qu'il génère, se mettent-ils en place ?
C'est l'un des enjeux de ce numéro. En relisant la phrase de S. Kracauer je pense au texte de Charlotte Nordmann sur les aires de jeux, mise en lumière précise et édifiante de ce premier espace de contrôle normatif alloué aux enfants dans nos villes.

Les enjeux du pouvoir se sont toujours manifestés dans l'organisation de l'espace social, et l'espace public n'est plus quand il n'est réduit qu'à un espace de traverse, artefact d'architecture souvent muséifié qui nous ferait presque regretter le plan Voisin du Corbusier...

Le ventre de la ville se vide, le bistrot est remplacé par le magasin de téléphonie mobile, la brasserie par la banque.
À l'image de la maison dorée située au 20, boulevard des Italiens à Paris, le façadisme est symptomatique de la ville vivant sur les restes de la bête. Cet ancien restaurant évidé, dont la façade n'est maintenant qu'alibi, est aujourd'hui incorporé à une nouvelle construction : le siège de la BNP.

Pourtant, à l'image de Marseille, ou de Saint-Étienne dépeinte par Jean-Christophe Bailly dans ce numéro, la ville échappe, interroge le politique et persiste parfois à ne pas suivre la grille qu'on lui assigne, d'innombrables signes apparaissent, se déplacent.
La ville invente toujours au milieu des décombres, dans les plus petits interstices, ceux-là même où nous avons encore le choix de nous projeter. Jean-Baptiste Sauvage.

ÉDITIONS J.-P. HUGUET


ISBN/EAN
9782355751974
Format
148 x 210
Année
2012
Pages
96
  • 12,50 €

Quantité



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